
Qu’en est-il du diagnostic des infections urinaires en cabinet ?
Sujet intéressant s’il en est…
On parle d’infection urinaire en présence d’un germe pathogène dans l’urine associé à une symptomatologie de brûlures urinaires, de mictions fréquentes, ou d’inconfort du bas ventre. La cystite (inflammation de la vessie) et les affections associées sont des maladies microbiennes qui touchent principalement la vessie et l’urètre. Dans la plupart des cas, elles sont dues à l’invasion de bactéries non pathogènes présentes dans la microflore des voies gastro-intestinales inférieures, passent ensuite dans la sphère vulvo vaginale et ensuite, si elles trouvent les conditions nécessaires à leur croissance, peuvent venir se coller par un phénomène d’ancrage-adhésivité dans la paroi de la vessie et dans les voies urinaires. Ces affections surviennent le plus souvent chez des femmes jeunes, au cours de la grossesse et en périodes péri- et post-ménopausiques,
Les infections urinaires (IU) peuvent être localisées dans les voies urinaires basses (cystite, urétrite, prostatite, épididymite) ou hautes (pyélonéphrite ou pyélite).
Ce sont les infections bactériennes les plus communes chez la femme: 50% des femmes souffriront d’au moins un épisode symptomatique au cours de leur vie. Un tiers de femmes ayant eu un premier épisode d’IU souffrira d’infections urinaires récidivantes.
On fait la distinction entre les IU simples et les IU compliquées, cette distinction ayant une incidence sur la prise en charge et sur le traitement.
Une IU simple est une IU haute ou basse survenant chez la femme pré-ménopausée sans facteurs de risque, non enceinte.
Une IU est appelée compliquée en présence de conditions physiologiques,
pathologiques ou mécaniques comme le diabète, les maladies immuno dépressives ou alors… la grossesse
Les germes le plus souvent responsables des IU sont, pour les infections
Communautaires, E. coli (75-85% selon les études et les pays) et d’autres
entérobactéries (Klebsiella spp. et Proteus spp) qui comptent pour environ 4% chacune, et jusqu’à 25% dans des séries françaises.
La cystite, qui représente 95% des IU, provoque une symptomatologie associant dysurie, pollakiurie, douleurs sous-pubiennes fréquentes et parfois sang dans les urines (cystite hémorragique). Les urines peuvent être malodorantes et/ou troubles.
Les facteurs favorisant une cystite sont : les rapports sexuels fréquents, l’utilisation de crèmes spermicides (altération de la flore vaginale et colonisation par des germes uropathogènes), les antécédents d’IU
Le diagnostic se fait en cabinet et la technique de récolte des urines a fait souvent l’objet de débats scientifiques.
- Par urine au jet : la patiente urine les urines prélevées sans désinfecter sa vulve
- Par urine en jet dit « mid-stream » : la patiente urine un peu dans les toilettes, puis urine ensuite dans le récipient idoine , sans désinfecter sa vulve.
Le taux de contamination bactérienne dans ces deux échantillons est le même : environ 30 %.
Les conclusions de cette étude montrent que la technique classique du prélèvement mid-stream chez les jeunes femmes présentant des symptômes d’infection urinaire ne diminue pas le taux de contamination des échantillons par les sécrétions vulvaires (Outpatient Urine Culture: Does Collection Technique Matter? Edward Lifshitz, MD; Liane Kramer, RNC, BSN September 11, 2000, Vol 160, No. 16 > JAMA Internal Medecine )
En revanche la technique de prélèvement par sondage vésical aller-et retour après désinfection soigneuse de l’orifice urétral assure une absence de contamination par des germes autres que ceux de la vessie et par-là même offre la possibilité du traitement antibiotique le plus approprié. (Which Urine Sampling Method is Suitable for Women Visiting the Emergency Department? Park WN;et al. J. Korean Society of Emergency Medecine 12(4): 467-474, 2001.)
Donc ne soyez pas étonnée si on vous propose un sondage aller et retour pour préciser
le type de germes lorsque vous venez chez votre médecin avec des symptoms évoquant une infection urinaire.